"Le voyage pour moi ce n'est pas arriver, c'est partir. C'est la saveur de la journée qui s'ouvre, c'est l'imprévu de la prochaine escale, c'est le désir jamais comblé de connaître sans cesse autre chose,c'est la curiosité de confronter ses rêves avec le Monde, c'est demain, éternellement demain. Je pars..." Roland Dorgelès

mercredi 6 avril 2011

A la folie!! Pas du tout...! - India

4,5 mois de voyage en Inde. 
4,5 mois a vivre en son sein, a sentir son pouls tous les jours, battant dans les veines de ses villes, de son peuple, de ses Dieux. 
4,5 mois a passe d'un etat emotionnel a l'autre, du rire aux larmes, de la joie au doute, de la pleinitude a l'overdose. 
4,5 mois d'experiences innatendues, difficiles, touchantes, deroutantes, enrichissantes, spirituelles...
4,5 mois a vivre... loin de chez moi mais pres de Moi. 

J'y ai decouvert le plaisir d'avoir le temps et d'en profiter, de rester plusieurs semaines au meme endroit, m'immergeant dans la vie quotidienne indienne, tentant d'en comprendre ses subtilites et ses paradoxes. Je ne comprends pas mieux ce pays, j'en ai juste decouvert encore d'autres facettes, toujours plus surprenantes, toujours plus destabilisantes. 

Mes nombreuses heures de transports (en voiture, en bus, en camion, en train, en auto rickshaw, en cyclo pousse, a pied, en charette, en mobylette, en bateau, en caracole, en velo...........) ont souvent cristalises les difficultes que j'ai pu rencontre : le bruit incessant, les hommes insistants jusqu'au degout, l'intimite inexistante, le chaos ambiant, les gens qui crevent dans la poussiere sous le soleil, les chiens et les vaches qui meurent de bouffer du plastique, les ordures qui jonchent les rues, les odeurs qui prennent a la gorge, les rabatteurs harceleurs...

Je me sens aujourd'hui plus proche de la nature, du vivant. Ma nourriture presqu'exclusivement vegetarienne m'a amene a reconsiderer la place de l'homme dans la theorie de l'evolution, sa suprematie auto proclammee  vis a vis des etres vivants,  que nous mangeons souvent sans avoir conscience que quelqu'un les ait tue pour nous, alors que nous partageons le meme air, la meme terre.. 

Dieu m'a ouvert ses portes, celle de mon coeur et de celui de mes semblables, m'amenant a reconsiderer ma foi et mes croyances. La multitude des dieux hindouistes m'a encore fascine et emerveille ; le sacre vecu dans la joie et l'amour me montrant peut etre la voie a suivre pour etre en harmonie avec ma foi.

Je n'ai ete seule que quelques jours, car chaque matin m'apporte son lot de rencontres, qui pour certaines, se poursuivent par le debut d'une amitie ou d'un bout de chemin ensemble. Chacune m'ont fait avancer sur mon chemin, me laissant parfois nue face a mes doutes et mes angoisses ; me laissant souvent riche de comprehension et d'amour. 

La distance kilometrique ne fait que mettre en relief les sentiments que je porte a mes proches, et a mon pays, me permettant de vivre encore plus intensement mon voyage pour leur donner, pour vous donner, le maximum  d'evasion et de reve. 


4,5 mois en Inde pour commencer de moitie un periple qui devrait me mener au coeur de l'Asie du Sud Est et au trefond de mon ame. 
4,5 mois pour ecrire : "Inde, je t'aime... Moi non plus!"




Les tops et les flops du voyage :

Mes plus beaux lieux :
1- Varanasi : ses ruelles etroites et fraiches, sentant les epices et le lait ; ses ghats animes ou se cotoient les rituels de la vie et de la mort, dans la douce lumiere du crepuscule ; ses sourires francs eclatants de blancheur dans les visages burines par le soleil et l'effort.
2- Hampi : ses paysages d'Indiana Jones ponctues de temples en ruines ; sa riviere fraiche et limpide contrastant avec l'ocre des pierres millenaires.
3 - Tosh : ses sommets himalayens enneiges eternellement, dont la blancheur resplandit dans le ciel bleu ; sa vie de village simple, au plus proche de la nature.
4 - Rameswaram : sa balade du bout du monde, sur le sable ecrase de soleil, l'eau a perte de vue ; ses rituels ancestraux perpetres avec ferveur et joie dans son temple aux milles colonnes.

Mes plus beaux moments :
1 - Rishikesh : une soiree autour du feu, au Hill Top Restaurant, emportee par la voix chaude et envoutante d'un jeune hispanique criant la corruption, a la veille d'un depart attristant.
2 - Auroville : une premiere experience de meditation au Matrimandir, des perceptions nouvelles et le silence enfin ; des echanges riches et sinceres, entre femmes, ouvrant des perspectives et colorant l'avenir de rose.
3 - Ashram d'Amma : des chants devotionnels chantes avec amour par des milliers de personnes, la voix profonde d'Amma riant au ciel ; des larmes de joie et d'incredulite melees, coulant sur les joues d'une jeune femme apres un darshan.
4 - Rameswaram : une benediction inattendues, apres 3h de marche menant au bout du monde, par des brahmanes menant une puja face aux eaux sacrees.

Mes pires instants :
1- Rishikesh : quand la douleur devient telle qu'elle arrache des cris et bloque les pensees, quand l'impuissance fait verser des larmes, quand la peur assombrit l'horizon.
2- Goa-Delhi : 39h de galere dans un train bonde d'hommes, n'ayant pas la meme conception de l'intimite et du respect que moi, dans les odeurs de pisse et les ordures, la misere defilant par les fenetres.
3 - Madurai : 39 de fievre et la peur qui vous etreint, quand en quelques secondes defilent tout ce qui peut arriver si la guerison ne vient pas.

Mes plus belles rencontres (par ordre d'apparition) :
1 - Mes aurocopines : Isa, Cath, Sylvie, Coco....... Que de bon temps partage ensemble :)
2- Manu et Val, pour le meilleur et pour le pire!!
3 - Anouk, jeune suissesse pleine de vie et de reve.
4 - William, la sagesse en construction :)


Le budget :

Un peu moins de 1300E depense, soit un poil moins que prevu. J'aurai pu depenser beaucoup moins encore (mon record est une moyenne de 2.70E/jour a Rishikesh), mais Auroville ne m'a pas fait faire d'economie!!



La sante :

Force est de constater que mes compagnons de voyage sont bien plus malades que moi jusqu'a present... Pourvu que ca dure! (pour moi, pas pour eux bien entendu :)) Ma trousse a pharmacie a donc davantage servi a d'autres qu'a mois meme.
Cependant, j'ai developpe une bonne infection urinaire la semaine derniere qui m'a oblige a une dizaine de jour d'antibiotherapie.
Hormis cela, sur le plan digestif et intestinal, aucun probleme, comme a mon habitude. Pas de migraine ni de maux de dos particulier non plus.




Je vous remercie tous du fond du coeur, pour m'avoir suivi, encourage et soutenu durant ces premiers mois, mes proches comme les lillustres inconnus, ayant ou non laisse trace de leur passage. A nous les nouvelles aventures, retrouvons nous au festival culturel de Chiang Mai tres prochainement!!


LL, Je t'aime, et pour tout ca, Merci :)

samedi 2 avril 2011

La cite de Shiva, un concentre d'Inde - Varanasi, Uttar Pradesh, India

Derniere escale en Inde, et pas n'importe ou puisqu'il s'agit de Varanasi, anciennement appelee Benares, une des villes les plus sacrees de l'Inde. Cette ville millenaire est surtout connue a travers ses rites mortuaires puisque pour un hindou, mourir ici permet d'atteindre la Moshka (liberation) et d'echapper ainsi aux cycles des reincarnations. Cependant, on ne peut a mon sens reduire ce lieu a cela, tant elle est riche de mille et une autres facettes.

Je savais que j'allais ici retrouver l'Inde que j'aime, celle dont j'ai reve, celle qui me fascine et me fait tomber a ses pieds. Pourtant, c'est une fourmilliere de plus d'un million d'habitants et je m'attendais aussi aux arnaques et autres bonheurs, privileges des endroits so touristiques. Finalement, il est facile d'y echapper, dans le dedale de ruelles incroyables qui bordent les ghats (marches menant au Gange), sentant bon les epices et le lait. Chaque centimetre de ses rues sont un hymne a la vie, dans la rumeur bruyante du matin comme dans la fraicheur du crepuscule. Je me perds dans ses boyaux, parfois trop etroits pour laisser passer un homme quand un enorme taureau rumine nonchalemment au milieu. J'hume les parfums huileux des samosas, j'entends les tintements joyeux des dizaines de bracelets colores ornant les poignets des indiennes, j'observe les gamins jouant aux cerfs-volants et au criquet... Un air de souk marocain flotte, comme si Benares etait plus orientale qu'asiatique. La ville revet egalement un aspect medieval de part ses rues pavees pietonnes et ses metiers d'un autre temps, ce qui n'est pas sans me rappeler avec plaisir Katmandou...










Quand le soleil se fait plus discret, que ses rayons ont cesse de darder leur chaleur accablante sur nos peaux fragiles, je me faufile jusqu'aux ghats et les parcourent, les sens en eveil. Le premier soir ou j'y suis descendu avec Audrey, ils etaient nimbes d'une lumiere orangee magnifique, et j'ai pense que j'etais rentrer dans la carte postale, de l'autre cote du decor! 



Chaque ghat a son atmosphere propre, selon a quoi il est destine : lessive, cremation, puja (priere), douche... Les rituels changent et evoluent au rythme de mes deambulations, me laissant parfois entrevoir l'intimite la plus crue, sous un sari mouille ou un sur un bucher flambant. 





Chaque soir, sur le ghat principal, se deroule une puja de plus d'une heure, ou les chants rythment les rituels des brahmanes, a la lueur des bougies, dans le parfum capiteux de l'encens. La ferveur est ici tres presente et la foule se presse pour prier ensemble. 






Je me suis offert, aux aurores, l'experience fascinante d'une balade en bateau, permettant d'observer les ghats de face et donc de pouvoir admirer la beaute des batiments (certains sont des palais de maharajas), avec a leurs pieds, les pelerins accomplissant leurs rituels. Ce fut vraiment magique, dans la lumiere rose du matin, mon batelier me contant parfois les legendes cachees dans les pierres...
















Pour autant, Benares reste aux confins de la vie et de la mort, et j'ai aussi croise des corps retenus par le cordages des bateaux et la carcasse d'une vache derivant au fil de l'eau, des corbeaux sur son dos... Des stocks impressionnants de bois s'amoncelent sur le ghat de cremation, attendant d'etre pese pour creer un bucher. La quantite de bois utilise depend des revenus de la famille, le bois de santal restant le plus cher. Dorenavant et pour un moindre cout, un four electrique est disponible egalement. Il n'est pas rare du coup de croiser un cortege funeraire au detour d'une ruelle, le brancard drape de linges chaudement colores est alors porte par des hors-castes. Tout cela peut vous sembler bien glauque, mais gardez a l'esprit que la mort ici est vecue comme un evenement de vie et ne prend pas la meme signification qu'en Occident. 

Benares reste une ville tres abordable, notamment en ce qui concerne la nourriture. Une de ses particularites est le nombre de petit shop de lassis (rappelez vous cette delicieuse boisson a base de yaourt) qui emaillent les rues. Ils sont servis dans des pots en terre que l'on jette ensuite, evitant ainsi les gobelets de plastique qui jonchent les rues indiennes partout ailleurs. Varanasi n'a pas sacrifie a la facilite... jusqu'a quand? Certains lassis shop ne servent pas que du yaourt... ils l'aromatisent au bhang, sorte de pate verte derivee du cannabis, avec la benediction du gouvernement qui fournit lui meme le produit, sous pretexte de ville dediee a Shiva! Ainsi pour 20 roupies (30cts d'euros) vous avez un delicieux lassi a la mangue et aux amandes, et quelques heures de perceptions originales!!!




Un mot encore de notre guest-house qui est en fait un squat, que les artistes et musiciens ont fait leur. Cette maison de 4 etages, donnant sur le Gange, est ainsi emplie des sons des guitares, citares et autres guimbardes, tandis que les murs se couvrent de dessins psychedeliques! Belle atmosphere... 

Vous l'aurez compris, Varanasi est une ville fascinante aux charmes envoutants.... Elle m'a fascine, elle m'a envoute... J'y reviendrai!

lundi 28 mars 2011

Du rire aux larmes - Rishikesh, Uttaranchal, India

J'ai retrouve avec bonheur Valerie et Manuel a la gare routiere de Rishikesh dimanche soir dernier. Un mois que nous nous etions quitte apres seulement deux jours partages ensemble, mais deja une relation forte s'etait nouee, nous promettant des lendemains heureux. Retrouvailles emouvantes et attendues, sur une terrasse surplombant le Gange, autour de plats israeliens, accompagnes de Coline (ma coloc d'Auroville) et son ami Sudir. Echanges autour de l'agriculture biologique, car Coline et Sudir ont un projet d'eco et ethno tourisme tandis que Manu va s'installer comme producteur bio tres prochainement. C'est aussi la derniere fois que je peux voir Coline en Inde, car elle la quitte dans une semaine pour un rapide retour en France.

Nous passons nos premiers jours a Rishikesh a profiter de son calme et de sa belle nature. 

Mardi, nous nous rendons a une petite cascade, plongee dans un cadre verdoyant, ou nous prenons plaisir a nous baigner. Un des nombreux moments de plenitude que m'offre cette annee sabbatique... Mes nombreux voyages m'auront permis de me rapprocher peu a peu de la nature et de ce qu'elle nous offre quotidiennement. Je fais davantage attention a ce qui m'entoure, mineral, vegetal ou animal. Mes rencontres m'ont aussi oriente dans ce sens. 

Je me fais guide au Beattles Ashram, un lieu abandonne a la foret, ou a sejourne un mois le groupe mythique le temps d'y compose un album. Les animaux sauvages y ont tout leur droit, des elephants sauvages que l'on entend parfois barrir, aux leopards qui hantent les nombreuses alcoves des batiments. Manu et Valerie se sentent particulierement bien dans ces endroits ou seul le chants des oiseaux vient troubler le silence. 

Mais, alors que nous devions ne rester que quelques jours a Rishikesh, avoir de rejoindre un parc naturel, l'Inde a encore change nos plans! Manu a en effet developpe une vive douleur au dos ces dernieres semaines, douleur qui n'a fait qu'empirer depuis 4 jours, malgre les differents traitements testes, grace notamment aux cliniques des ashrams qui delivrent des soins gratuitement contre donations. Au point que samedi, sa souffrance atteigne de telle sommet qu'elle nous oblige a mobiliser toute notre energie pour trouver une solution rapide et efficace. Mais c'etait trop demande dans ce pays desorganise... Il nous fallu la journee entiere, des heures de recherches et de negociations, des appels a l'assistance francaise, des transferts de cliniques en hopitaux pour enfin parvenir a une prise en charge relativement efficace, qui le soulage enfin de cette douleur atroce. Je les ai donc laisse precipitamment, dans ce contexte difficile, de l'eau dans nos cils pour reveler tout ce qu'on n'a pu se dire... L'incertitude est grande quand a la poursuite de notre voyage ensemble, alors que nous devions nous separer le 24.

Tout cela a correspondu avec les debuts d'Holi, la fete hindoue de l'equinoxe de printemps, largement celebree dans toute l'Inde, a grands jets de poudre coloree et d'eau. Bien que mon coeur ne soit pas a la fete, je n'ai pu coupe a la tradition, et c'est affublee de rose et de vert, que je suis repartie du Last Chance ou j'etais allee voir mes amis. Le retour fut des plus difficiles, malgre le peu de distance a parcourir, car chacun commencait a etre bien emeche. Les hommes se croient alors autorise a vous prendre dans leurs bras ou glisser de la poudre dans votre decolette... Malgre tout la musique entrainante et la joie non dissimulee de la population fait plaisir a voir! Pour Holi...tout est permis!

Mise a jour le 28 mars :

Apres trois jours d'hospitalisation, et une diagnostic d'hernie discale, nous sommes a nouveau reunis, pour le meilleur cette fois on l'espere!

Nous devons limiter au maximum nos deplacements du fait du dos tres fragile de Manu . Aussi, nous decidons de nous rendre dans une reserve naturelle pres de Haridwar, afin de realiser enfin leur reve : faire une balade a dos d'elephant. Malheureusement, une fois de plus rien ne se passe comme prevu et c'est avec beaucoup de regrets qu'ils doivent y renoncer, pour des raisons logistiques independantes de notre volonte cette fois.

Je leur propose alors de decouvrir les sommets enneiges de l'Himalaya en nous rendant dans une station climatique a 2000m d'altitude. Nous arrivons a Mussorie apres quelques heures de voyage en train et taxi, et sommes surpris de cette ville pour riches touristes indiens, ou les magasins de marques sont legions, les prix de la nourriture exorbitants et les tenues des femmes occidentales! Quel contraste avec l'Inde que nous cotoyons habituellement! Je crois meme que c'est la premiere fois que je passe du temps dans une ville comme celle-ci. Le temps est tres frais le soir, cela faisait longtemps que nous n'avions pas du dormir sous la couette! Malgre les quelques sommets que nous avons pu apprecier au loin, cette ville ne  nous combla pas par son charme et nous revenons passer nos deux derniers jours ensemble a Rishikesh.

Nous retrouvons, comme a l'accoutumee, un voyageur que Manu et Val avait rencontre et apprecie a Auroville. Nous sommes alors convies a une soiree de musique et de chants sur le toit d'un hotel, autour d'un feu de bois. Ce fut un tres beau moment de partage, et d'amour, pour la musique et pour la vie. Un jeune hispanique nous touchera particulierement par sa voix et sa sensibilite, alors qu'il chante contre la corruption, le coeur au bord des levres. Une belle derniere soiree pour tous les trois donc...

Nous nous sommes separes il y a quelques heures, a eux le Rajasthan, a moi Vanarasi....

Et pour tout ca... MERCI

Je quitte (enfin me direz-vous!) Rishikesh demain soir, direction Vanarasi (Benares) jusqu'au 3 avril et notre avion pour Bangkok le lendemain.



dimanche 13 mars 2011

Into the wild en Himalaya - Tosh, Himachal Pradesh, India

Quelle aventure que celle de rejoindre la Parvati Valley! Il nous a deja fallu retarder de plusieurs jours notre depart du fait des grosses chutes de neige des jours precedents, pres d'un metre, qui ont provoque lors de leurs fontes, des glissements de terrain rendant la route impratiquable.

Nous avons finalement quitte Rishikesh samedi 5 mars, pour 17h de bus jusqu'a Manikaran. C'est un petit village aux ruelles entrelacees et sombres, au pied des monts enneiges, connus pour ses sources chaudes. Nous avons passe la nuit la bas, profitant de ses bains brulants pour nous laver de la poussiere et la crasse accumulees sur la route. 





Le lendemain, la route est enfin degagee et nous montons en taxi jusqu'au dernier village accessible, Brishani. Ils nous restent alors pres de deux heures de marche sur un sentier glissant, gele et enneige, avec nos sacs a dos (heureusement, Dinesh, en homme fort de la montagne, porte le mien, sans quoi j'y serai encore je pense!). Vous connaissez mon amour de la marche, je vous laisse donc imaginer mon bonheur! 

Le paysage est malgre tout a coupe le souffle et la maison, tres isolee du reste du village, menage des vues splendides sur les neiges eternelles. 








C'est une jeune couple et leur petite fille de 1an et demi qui loue, en saison, trois pieces de leur maison aux touristes de passage. 

La maison

Shakshi

Il n'y a ni eau courante, ni electricite, ni sanitaires. Nous y avons loge avec deux autres francais rencontres dans le bus, Bastien et Julie, formant a nous 4 les seuls touristes dy village!!

Ainsi, durant une semaine, j;ai experimente la vie simle et rude qu'a vecue Audrey durant 5 mois. Les taches de la vie quotidienne prennent un temps fou et comblent donc bien les froides journees. Notre seule source de chaleur etait le tandoori, que nous avions coutume de nommer "notre meilleur ami" car quand il neige dehors et que l'eau de votre verre gele, il fait bon se trouver au coin du feu! C'est sur ce poele egalement que nous cuisinions. La encore la patience est de mise car il faut compter entre 3 et 4h de cuisine avat d'en gouter la premiere bouchee! 

Audrey et Dinesh devant le tandori


La vie dans l'Himachal a ses propres coutumes et ses propres costumes. Ainsi, le sari n'est plus de mise compte tenu de la rigueure du climat. Il est remplace par la Pattu, sorte de chale immense en laine, tres colore et porte un peu comme un sari. Un festival au village nous a permis d'en apprecie toute la beaute. Les visages se font egalement plus ronds, les yeux plus brides, rappelant les nepalais.

Temple de Tosh

Temple de Brishani

Pour ma part, cette vie loin de tout, presque coupee du monde, dans le froid glacial, ne me conviendrait pas du tout. J'ai apprecie d'y passer quelques jours, et surtout de voir comment Audrey a vecu ces 5 derniers mois, mais j'etais aussi heureuse d'en partir!  

J'ai encore du affronter 24h de bus pour rejoindre a nouveau Rishikesh, ou Manu et Valerie me retrouvent ce soir. Une fois encore, j'ai rencontre la promiscuite et l'irrespect des hommes vis a vis de ma personne, se permettant de me toucher alors qu'ils ne froleraient meme pas un cheveux d'une femme indienne. Une fois encore je me suis vue bouillir et prendre sur moi pour ne pas............






vendredi 4 mars 2011

Prochaines escales

Petit apercu des prochaines etapes du voyage, deja pas mal modifiees!

Je devais partir a Tosh, village perdu dans l'Himalaya a 2500m d'altitude, aujourd'hui mais les 1.20m de neige de nous permettre pas pour le moment d'emprunter la route...!

Je reviens a Rishikesh autour du 13 mars pour retrouver Valerie et Manu, rencontres a Hampi .

Je serai a Benares du 29 mars au 3 avril, avant de rejoindre Calcuta pour y prendre mon avion pour Bangkok.

J'atteris a Bangkok le 5 avril, et je pars directement au Laos pour 1 mois, chez Audrey.

Je retrouve Cynthia, ma collegue, au Cambodge le 3 mai pour un mois de periple.

Je rentre en Thailande pour 15 jours, avant de m'envoler pour la Birmanie le 16 juin, jusqu'au 11 juillet.

Je retrouve Lucie, ma soeur, et Bathiste, un ami, le 14 juillet a Bangkok pour 3 semaines en Thailande.

Je rentre avec ma soeur le 5 aout, a 11h15 a Paris.........................................


PS : Je rencontre de grosses difficultes aujourd'hui pour acceder a mon blog, ma signature semblant avoir ete usurpee... Impossible de poster de nouvelles photos par exemple... Si quelqu'un passant par la peut m'aider... Merci :)

jeudi 3 mars 2011

Rishikesh, l'appel a la serenite - Uttaranchal, India

A la veille de mon depart pour l'Himachal Pradesh, je vous ecris mes impressions de mes 10 jours ici, a Rishikesh, fil rouge de mes differents voyages en Inde. 

Comme a mon habitude, je laisse le temps s'ecouler paisiblement ici. Notre guest house est tellement agreable et l'ambiance si familiale, qu'elle appelle juste a vivre le moment present. 

Notre quartier de Ram Jhula, pietonnier (oh bonheur!), concentre la majorite des pelerins, ce qui lui confere une atmosphere joyeuse et coloree, parmi les saris multicolores des femmes venant de toute l'Inde, et les conversations animees des hommes. Rishikesh, situee au bord du Gange, est en effet une ville sainte, dediee a Shiva, ainsi que la capitale mondiale du yoga. Elle draine ainsi des hindous de l'Inde entiere, venus ici pour quelques jours, s'immerger et prier leurs dieux. Le Neelkhant Temple, jusqu'auquel je suis montee les premiers jours, ne desemplit pas et les pelerins s'y rendant sont toujours petillants. Le Gange, propre a cet endroit car descendant directement des sources, nous permet de nous y baigner, malgre le temps tres mitige qui nous accompagne depuis notre arrivee.





Le second quartier de Rishikesh, Lakshman Jhula, est beaucoup plus touristique, mais n'en est pas moins interressant, avec ses immenses temples de 13 etages dominant la vallee, et ses ashrams ou cours de yoga et meditation sont legions. Nous sommes montes dans un de ces grands temples et, une fois encore, l'Inde ne cesse de m'etonner. A chaque etages, les statues des divinites, habillees et parees de bijoux, cotoient les boutiques de souvenirs, les pelerins pieux cotoient les jeunes braillant dans leurs telephones portables... Une vie entiere concentree dans un lieu saint :) 


Vue d'en haut du temple

Lakshman Jhula Bridge


Enfin, la ville en elle-meme, nommee Rishikesh Market, de l'autre cote des deux ponts enjambant le Gange,  renoue avec l'Inde que je connais et traverse depuis 3 mois maintenant : bruyante, polluee, vivante, animee... C'est la que nous venons deguster les fameux lassis du Papou Lassi, dont la renommee depasse les frontieres de Rishikesh! Cette boisson locale rafraichissante a base de yaourt, est en effet particulerement delicieuse dans cette gargotte insignifiante, grace peut etre au sirop de rose dont le proprietaire nappe ses verres...

En ce moment se deroulent les festivites de Shivaratri, une grande fete dediee a Shiva. Des ceremonies particulieres ont lieu, et exceptionnellement, l'usage de cannabis est permi sous forme de Bang Lassi (lassi contenant de la ganga). Nous avons prolonge notre sejour ici afin de pouvoir profiter de cette fete dans une ville dediee au Dieu venere. La foule des pelerins a donc encore grossi, mais je m'attendais a quelque chose de plus vivant et plus animee malgre tout :) 
Temple personnel pour Shiva