"Le voyage pour moi ce n'est pas arriver, c'est partir. C'est la saveur de la journée qui s'ouvre, c'est l'imprévu de la prochaine escale, c'est le désir jamais comblé de connaître sans cesse autre chose,c'est la curiosité de confronter ses rêves avec le Monde, c'est demain, éternellement demain. Je pars..." Roland Dorgelès

mardi 15 février 2011

Hampi. coup de coeur parmi les ruines - Karnataka, India

Aucun mot de pourra resumer ce que j'ai pu vivre a Hampi, je vais pourtant essayer de vous faire partager la beaute extraordinaire de ce site et des rencontres que j'y ai faite, durant les cinq jours ou j'y suis restee. 

Il m'a fallu affronter 10h de train de jour, entassee dans un compartiment pour 6 avec deux couples indiens pestant parce que je ne souhaotais pas manger, les jambes des femmes entre les miennes, leurs baluchons egalement ; 

Le train, encore vide!


puis 14h de train de nuit ou j'ai avec plaisir fait la rencontre de Coralie et Garlonn, deux jeunes bretonnes forts sympatiques. 

Coralie et Garlonn

Mais comme ca valait le coup!!

Des l'arrivee par bus, on comprend que l'on arrive ici dans un site incroyable, peuple de roches tenant en equilibre les unes sur les autres et de temples en ruines rayonnant dans le soleil. 

Nous trouvons grace aux indications de Laurence, une super guest house au bord de la riviere, qui porte bien son nom de Garden Paradise! Un bungalow en bamboo, une terrasse ombragee reservant une vue superbe, une atmosphere detendue, propice aux rencontres... Le sejour commence bien!

Ma hutte

Ma vue!

Je decouvre Hampi en grimpant sur une roche, au coucher du soleil, afin d'en decouvrir l'immense superficie. La lumiere du crepuscule est magnifique, et la journee du lendemain s'annonce deja belle et riche :)



Je parcoure ainsi les ruines les plus proches, seule, pour la premiere fois depuis bien longtemps! Je prends le temps de m'y perdre et chaque pierre me reserve une surprise : une sculture, une gravure... Le site degage une serenite malgre l'afflux touristique, et il y a toujours possibilite de se retrouver seule.

Vue sur Hampi Bazar













Le paysage environnement n'est que riziere et palmiers, patchwork de verts a l'infini... La proximite de la riviere et la possibilite de s'y rafraichir apporte encore au plaisir du lieu. Mais les photos parleront bien plus que mes mots derisoires! 

Bananeraie





Riziere


Hanuman Temple






J'ai fait une tres belle rencontre egalement, Manu et Valerie, un adorable couple de francais, qui m'ont bouleverse par leur generosite et leur profond amour. Nous avons passe deux jours ensemble, a ne rien faire d'autre que de profiter, de la vie, du temps qui passe ; a parler de nos desirs, de nos aspirations et de nos croyances... Il a fallu nous quitter pour cette fois, mais il semblerait que ce ne soit pas la derniere :) Voici les coordonnees de leur blog, ecrit et compose a 4 mains :http://manudupinde.over-blog.com/


C'est donc a regret que j'ai quitter ce paradis, forcee par mon retour proche a Rishikesh de me rapprocher de Goa ou je prend mon train le 18 (seulement 39h, le reve...!!).

dimanche 6 février 2011

On m'a pousse dans les bras d'Amma! - Ashram d'Amma, Kerala, India

Je viens de vivre cinq jours dans l'ashram d'Amma, situe entre Allepey et Kollam, dans une zone tres rurale du Kerala, en bord de mer et au coeur d'une palmeraie. 

J'avais plusieurs fois entendu parler de cette femme, ce gourou, qui prenait inlassablement les gens dans ses bras, depuis des dizaines d'annees, en Inde comme partout ailleurs dans le monde. C'est en rencontrant deux canadiens, enfants d'Amma tous les deux (c'est a dire disciples), que j'ai eu l'envie de me rendre dans son immense ashram, pour vivre son enseignement quelque temps. 

L'amour et la compassion sont au centre de sa spiritualite :  « L’amour est notre véritable essence. L’amour ne connaît pas de frontières de caste, de religion, de race ou de nationalité. Nous sommes tous des perles enfilées sur le même fil de l’amour. » —Amma. En prenant les gens contre son coeur, elle veut repandre son message partour dans le monde, donnant a chacun une etincelle de cet amour incommensurable. Elle consacre egalement sa vie a de nombreuses oeuvres de charite, ecoles, hopitaux, orphelinat... tous l'argent provenant de l'ashram allant a un de ses programmes.

Cet ashram est je pense un des plus grand du pays, accueille des milliers de personnes, pour une journee ou pour une vie. C'est un ensemble de batiments rose pale, au centre duquel se dresse un temple dedie a Kali, une des incarnations feroces de la Mere Divine. Une ville dans la ville s'est cree ici, avec une librairie, une piscine, des restaurants, des magasins... Mais ne nous y trompons pas, on ne vient pas ici, comme dans n'importe quel autre ashram d'ailleurs, pour prolonger ses vacances mais bien pour apprendre et surtout vivre selon la spiritualite du maitre spirituel. Des gens du monde entier se presse ici, de tout age et de toute religion, pour rencontrer Amma, recevoir son darshan (etreinte), faire une pause.....

Les journees sont rythmees par des temps de meditations collectives, des bhajans (chants devotionnels), des heures de seva (travail desinteresse). 
Pour ma part, j'ai ete affecte au service du cafe continental lors du petit dejeuner. Une toute nouvelle experience comme vous pouvez l'imaginer! Bien que le rythme soit soutenu durant trois heures, le contact avec les gens (en anglais s'il vous plait!) et la proximite de la nourriture m'ont permis de passer de bons moments. Outre de contribuer a la vie en communaute, les temps de seva permettent d'apprendre a etre en conscience de ce que l'on fait "dans la vie" et non seulement durant la meditation, a travailler sans attendre de retour, en se preoccupant de l'action et non du resultat de cette action. Rappelez-vous, j'avais fait de meme lors de ma retraite au centre zen il y a un mois. 
« Le monde doit savoir qu’il est possible de consacrer sa vie à aimer et à servir autrui d’une manière désintéressée. » —Amma

Amma est arrivee a l'ashram deux jours apres mon arrivee, apres avoir parcouru le sud de l'Inde pendant un mois. Son retour marque le debut d'une nouvelle dynamique dans l'ashram, les devots l'attendant avec impatience.
Les bhajans du soir m'ont particulierement marque. Tous reunis autour d'elle et de ses plus fideles disciples, nous chantons pendant 1h30, des chants dedies a Khrisna, Shiva ou Amma. Il regne une belle energie, la musique est entrainante, nous la rythmons parfois en frappant dans nos mains. La presence d'Amma rend tout plus beau et plus pur, sa voix est profonde et elle transmet beaucoup de joie et d'amour. 
Le dernier jour, Amma est venue mediter avec nous a la plage. Ce fut un moment d'echange et de partage, comme il est peut etre rare d'en vivre avec des gourous de son ampleur. Cette femme, que l'on croit ou non a son enseignement, que l'on soit sensible ou non a ses valeurs et sa spiritualite, degage beaucoup de chaleur et de bienveillance. 

Bien entendu, au coeur de cette semaine, il y eu l'attente du darshan (benediction, c'est a dire, en ce qui concerne Amma, son etreinte). Chacun attend ce moment avec plus ou moins d'impatience, d'incredulite, d'interrogations... Pour ma part, ayant entendu de nombreux temoignages de gens ayant vu leur vie transformee apres cette etreinte, j'ai tente de ne m'attendre a rien pour etre receptive au moment et laisser venir ce qui devait arriver. Je m'attendais a le recevoir samedi mais, contre toute attente, Amma a decide de donner un premier darshan jeudi, en fin de matinee. Ainsi, je n'ai pas eu le temps de me preparer ce qui etait sans doute mieux. 
Apres avoir recu mon ticket, tel un sesame, j'ai pu prendre ma place dans la file des pelerins attendant patiemment son tour. J'ai ainsi pu observer pendant pres d'une heure, Amma prenant dans ses bras chacun arrivant devant elle, poussee de facon experte par les mains de ses disciples. De loin, cela ressemble a une foule desordonnee se pressant agenouillee a ses pieds, sans qu'elle ne maitrise grand chose de tout cela. Pourtant, il est clair qu'elle controle chacun de ses gestes et donne quelques secondes d'attention a chacun.  J'ai ressenti beaucoup d'emotions et etre temoin de ses scenes souvent fortes pour les disciples, certains fondant en larmes a ses pieds ou quelques metres plus loin. 
Au fur et a mesure que j'approchais d'elle, mon apprehension grandissait : peur de faire un geste deplace, de ne pas etre a la hauteur de cette etreinte... Evidemment, ce sont de bien basses preoccupations et rien de tout cela n'a lieu d'etre pour quelqu'un qui prend le monde contre son coeur. Les secondes precedants le moment ultime, je n'ai plus rien compris, agenouillee par des mains inconnues, moulees par les corps avoisinants, poussee de toute part pour enfin me retrouver entre ses bras, quelques secondes de paix et de calme, alors qu'elle me murmurait "ma cherie" a l'oreille. Rapidement, on m'evacue de l'estrade et je titube quelques metres jusqu'a la premiere chaise venue.C'etait donc ca....
Difficile de reflechir sereinement a ce moment echappant a toute reference. Rationnellement, je peux seulement constate que mon trouble a ete plus grand durant l'attente ou lors des bhajans qu'au cours de ses secondes de benedictions, tout se passant tellement vite. Pourtant, un sentiment de calme et de serenite m'a envahi et a persiste un moment. Je pense que cela doit etre d'autant plus fort que l'on se sent proche de son gourou et de sa philosophie, que l'on attend ce moment depuis des semaines ou des annees. 

Cette experience dans cet ashram, autour d'un gourou femme et "In Live", pronant des valeurs simples et universelles, m'a interesse et interpelle. J'en suis ressortie plus riche mais avec encore tellement d'interrogations... Comment proner l'humilite quand on est soit meme venere par des milliers de personnes, quand sa photo trone partout, et que des dizaines de fideles vous suivent dans tous vos deplacements?  La devotion reste egalement pour moi un petit mystere, provoquant chez moi autant d'admiration et de securite que d'aversion et d'incredulite. Le fait que c'etait un immense centre m'a par contre un peu derange, une vraie ruche bourdonnante du matin au soir, foule anonyme et empressee. J'aimerai pouvoir me rendre dans un ashram plus petit, me permettant d'avoir un accompagnement plus proche.

J'ai tente en quelques minutes de vous donner un bref apercu de mon sejour la-bas ; je ne suis pas tres sarisfaite de mon ecrit, aussi, pour plus d'infos, rendez-vous sur le site d'Amma en France et pour un joli temoignage sur le site de psychologies. 

Trop peu de temps a consacrer a vos mails en ce moment, bien que je les lise tous attentivement. Je vous promets une seance de reponses personnalisee d'ici quelques jours a Hampi. En attendant, 26 heures de train m'attendent! Belle semaine a tous


jeudi 27 janvier 2011

Du Tamil Nadu au Kerala - Madurai, Kumily, India

C'est avec grand plaisir que j'ai retrouve Laurence et Melanie a Madurai ce lundi.


Melanie et Laurence

Nous nous sommes connues en Grece en juin dernier et, partageant le meme projet, avions prevu de nous retrouver sous d'autres lattitudes quelques mois plus tard... mais cela semblait tellement loin! En effet, que de chemin parcouru ces 9 derniers mois! Mais finalement, c'est bien sur les routes indiennes que nous nous retrouvons avec envie. 

J'etais venue a Madurai en 2008, et gardait un souvenir plutot bon de cette grande ville malgre la pollution et le bruit inherant a sa condition de cite de plus d'un million d'habitants.





 Les retrouvailles passees, nous nous sommes rendues dans deux temples, tous deux differents mais chacun vivant et anime. 

Le premier est peu connu des touristes de passage mais vaut pourtant le coup d'oeil pour son architecture originale et ses rituels animes. Les gopurams colores, les immenses statues de dragons encadrant l'entree principale, les bougies brulant sous les divinites, les brahmanes faisant les pujas, l'animation febrile propre aux temples hindouistes... tout donnait une atmosphere particuliere que j'ai apprecie et savoure.



Le second, celui dont Madurai est le berceau, est un des joyau de l'Inde du sud. On murmure meme qu'il serait l'equivalent du Taj Mahal dans le sud... J'ai pu le redecouvrir sans echaffaudages, ce qui n'a fait qu'en renforcer encore la beaute, les peintures fraiches brillant de milles feux au soleil couchant tandis que les plafonds eclairaient les couloirs de leurs rosaces multicolores. A la nuit tombee, l'ambiance a encore change et, errants dans ce labyrinthe infinis de salles obscures et de longs couloirs aux colonnes sculptees, nous nous sommes perdues dans les rituels hindous a la lueur des bougies.










La journee s'est malheureusement terminee au lit pour moi, qui du affronter mes premiers symptomes indiens! Tout est en passe de rentrer dans l'ordre depuis heureusement! 

Nous sommes parties pour Kumily hier matin, traversant pour la premiere fois la frontiere du Tamil Nadu pour prendre place au Kerala. La aussi, ce fut une redecouverte pour moi, apres ma premiere experience marquee par les sangsues d'il y a deux ans! Kumily est surtout connue et visitee pour sa reserve naturelle ou vivent des animaux sauvages, dont les fameux tigres! De nombreuses excursions sont possibles et fortement encouragees a tous les coins de rue, mais nous avons prefere aller seulement nous balader aux alentours, profiter d'un joli point de vue en grignotant quelques beignets, dans le calme de la campagne keralaise! 

Nous avons pu assister a un spectacle de Katakali, danse traditionnelle typique du Kerala, s'apparentant d'ailleurs plus a du theatre muet. Cette danse necessite un long travail de maquillage au prealable, et tout se joue a travers les expressions que prennent les personnages, qui racontent en fait une legende liee aux dieux. C'est assez impressionnant la somme d'emotions qu'ils sont capables d'exprimer grace aux muscles de leurs visages et a leurs yeux! Un moment agreable et comique :)






Le lendemain, nous avons visite une plantation et une usine de the. Cetait le premiere fois pour une grande buveuse de the comme moi et, malgre le guide plutot mauvais, j'ai apprecie de comprendre les differentes etapes de fabrication et, surtout, de marcher au milieu des plantations d'un vert vif, croisant ici et la des cueilleuses et leurs sacs de jute. 










Une etape calme et nature, avant de nous rendre sur les backwaters jusqu'a Allepey pour une escale farniente.

Je vous remercie pour tous les retours positifs que je recois quotidiennement sur ce blog et/ou mon experience, vous savez maintenant combien cela a de l'importance a mes yeux. Un merci special a mes chers collegues, toujours si attentifs, dont l'assiduite me touche beaucoup. Sachez que je pense bien souvent a vous, et partage votre joie vis-a-vis de la nouvelle nous vous m'avez fait part!! Prenez soin de vous tous...