"Le voyage pour moi ce n'est pas arriver, c'est partir. C'est la saveur de la journée qui s'ouvre, c'est l'imprévu de la prochaine escale, c'est le désir jamais comblé de connaître sans cesse autre chose,c'est la curiosité de confronter ses rêves avec le Monde, c'est demain, éternellement demain. Je pars..." Roland Dorgelès

lundi 5 décembre 2011

Etats d'âme... à J+4 mois!

Cela fait un mois que j’ai repris une activité professionnelle régulière. 

Dejà, le temps ne s’écoule plus de la même façon. Je compte de 5 en 2, suivant l’alternance de semaines et de week-end tandis que durant cette année de voyage, mon rapport au temps était presque d’heure en heure, chaque jour apportant son lot d’évènements, de découvertes, d’émerveillement. J’ai profité de chaque minute qui m’était accordée, comme autant de chance de vivre une expérience extra-ordinaire. 

Ici, maintenant, il est plus difficile de penser chaque jour comme une « possibilité à », car les ressemblances sont nombreuses entre hier et demain. Je m’y efforce pourtant quotidiennement, en prenant conscience des petits bonheurs qui font de cette journée un jour unique. 

Il y a quelques jours, j’ai retrouvé avec un immense plaisir deux compagnons de voyage, rencontrés en Inde, durant un long week-end plein ouest. Ce fut une parenthèse salutaire, pleines de souvenirs, à travers les anecdotes, les odeurs et les saveurs qu’ils m’avaient concoctés. 

J’ai du mal à imaginer ne pas m’envoler en 2012… Un mois de congé pour partir à la découverte à nouveau en octobre ? Nouveaux horizons (Bolivie… ? Chili… ? Equateur… ? Indonésie… ?) ou retour aux origines, indiennes bien sûr ?
Car l’Inde fait plus que jamais parti de ma vie, alors qu’elle me téléphone parfois, comme hier lorsque j’ai entendu Isabelle, perdue au cœur de la Green Belt d’Auroville!

En attendant, c'est avec bonheur que je suis devenue bénévole au sein d'Artisans du Monde, association œuvrant pour le commerce équitable.  "Artisans du Monde revendique de pouvoir pratiquer le commerce autrement en permettant d'une part à des producteurs, artisans ou paysans défavorisés, de vivre dignement et d'être acteurs de leur développement. En permettant d'autre part aux consommateurs de devenir des citoyens actifs dans leurs choix de consommation et dans le développement de l'économie solidaire. En contribuant enfin, à un niveau plus global, à changer les règles et pratiques du commerce international." Cela fait plusieurs années que j'achète régulièrement des produits (délicieux de surcroit!) dans ces boutiques et j'ai eu envie de m'engager de façon plus complète pour soutenir ce commerce éthique à travers une consommation responsable. Evoluer dans ce lieu chaleureux et unique, déambulant du Laos au Pérou selon si je regarde le thé à la cardamone ou le sac multicolore, je me sens ailleurs :)

Peut-être avez-vous l’impression que mes Etats-d’âme se suivent et se ressemblent… Peut-être est-ce à l’image de ce que je ressens aussi en ce moment ! En tout cas, ce lien qu’il existe entre vous, moi et le voyage m’est précieux et me permet de me souvenir que l’année 2011 ne fut pas juste un rêve!

jeudi 10 novembre 2011

Etats d'âme... à J+3 mois

Trois mois...

Un an...

Trois mois que l'aventure a pris fin au détour d'une rue encombrée de Bangkok...

Un an que j'ai quitté mon travail et mis ma vie dans un sac à dos...


Douze mois plus tard, j'ai trouvé un emploi dans une association œuvrant pour les plus démunis, les exclus, les laissé pour contre. Car en France aussi, la misère est partout. Moins flagrante peut-être, moins spectaculaire, plus ordinaire... Point de moignons suintants, de nourrissons décharnés, de mendiants accrochant leurs membres effilochés à vos mollets... Mais une misère à multiples facettes, recluse sous un pont ou dans une masure insalubre, cachée derrière un emploi précaire ou une maladie mentale.

J'accompagne ces personnes vers les soins, car les soins ne viennent pas toujours à eux. Orientation, accompagnement, soutien... redeviennent mes sacoches quotidiennes.


En parallèle, j'ai retrouvé un chez-moi et défait mes cartons et mes valises. Remis chaque chose à sa place, créé un espace chaleureux, où chacune de mes passions peut s'épanouir conjointement : voyager, écrire, lire, transmettre...


Une nouvelle année s'ouvre à moi, et si la découverte n'aura peut-être plus le goût d'ailleurs, je souhaite qu'elle reste au cœur de ma vie. Comme l'Humanité lui impulse ses battements.

lundi 10 octobre 2011

Etats d'âme... à J+2 mois!

Seulement 9 semaines en France et déjà les ennuis s'accumulent et le retour s'annonce plus difficile que prévu! J'aspirai à un peu de stabilité géographique, affective, et une sécurité financière rapide. Après 9 mois de pérégrination, mon sac sur le dos comme seul maison, je ressentais le besoin de me retrouver, de prendre le temps de digérer cette aventure, en me recréant un environnement personnel et à l'image de mon évolution.. 

Je pensais que mon statut de disponibilité de la fonction publique me mettrai à l'abri des recherches d'emplois mais il n'en fut rien car mon hôpital a fait le plein de recrutement et qu'aucun poste n'est aujourd'hui disponible. Ainsi, je vais probablement devoir quitter ma ville de référence pour trouver un poste et renflouer mon compte en banque. Je ne peux donc pas accéder pour le moment à un logement, projet qui me tient pourtant très à coeur pour les raisons évoquées plus haut. 

Mon couple, après avoir résisté à 9 mois de séparation, n'aura pas tenu le choc du retour avec toutes les incertitudes sur l'avenir immédiat qu'il a fallu gérer. 

Compte tenu des nombreux doutes et questionnements qui m'assaillent aujourd'hui, il est difficile pour moi de parvenir à tirer profit de tous ce que j'ai appris sur moi-même et sur la vie durant ce périple asiatique. Je suis trop absorbée par mes soucis immédiats et trop douloureuse de ces pertes consécutives. Mais je travaille chaque jour pour garder à l'esprit quelques bribes d'enseignement, et je suis certaine que je pourrai profiter de tout cela une fois ma situation établie et stabilisée!

Je reste en lien avec le monde du voyage à travers des lectures, des photos, des conférences et même des festivals puisque j'ai pu assister au Festival de Globe-Trotteurs organisé par l'association ABM à Paris fin septembre. Ces moments sont très importants pour moi, ils m'apportent réconfort et sont sources d'idées pour de futurs projets. Pour 2012 qui sait?!

PS : Un nouveau look pour mon blog, Bénarès en toile de fond :) !

jeudi 8 septembre 2011

Etats d'âme... à J+1 mois!

Voilà plus d'un mois que j'ai repris un vol pour Paris, puis le TGV pour Dijon... Comme d'habitude, le temps s'écoule a deux vitesses : parfois, il me semble que c'est dejà si loin ; tandis qu'à d'autres ça pourrait être hier!
 
J'ai passé ces dernières semaines à revoir amis et famille, un petit surplus de vacances en somme! Je trie mes photos et me replonge avec delice dans mes videos ou dans les blogs de voyageurs encore sur les routes. J'imagine dejà mon prochain périple, et reste émerveillée à l'évocation du voyage, mais je suis pour le moment heureuse de retrouver une vie plus calme et sédentaire, le temps de me rassembler. J'ai également profité des joies de la gastronomie française, et compte bien profiter de tout ce que peut offrir la culture cet hiver! Cinéma, expos, musées.... Oh comme tout cela m'a manqué!!

Je me sens également beaucoup plus concernée par les événements qui se passent dans le monde, comme si cela arrivait à des amis. Comme si l'Humanité entière était devenue un parent proche! A ce titre, l'hebdomadaire "Courrier International" m'apporte un éclairage multiculturel et de nombreux angles différents et souvent originaux sur les problématiques actuelles. Je ne ressens que plus cruellement mon manque de connaissances en géopolitique et je souhaiterai vivement reprendre des études à ce sujet.

J'aimerai pouvoir poursuivre cette aventure extraordinaire en partageant, via l'écrit ou l'oral, avec d'autres ayant vécu une expérience similaire ou souhaitant s'y préparer. Ce serait pour moi le moyen de continuer à vivre activement ce voyage, de l'enrichir encore. J'espère ainsi pouvoir me rendre au festival Globe-Trotteurs organisé comme chaque année par l'association ABM, qui se déroule le week-end du 23 septembre à l'Opéra de Massy. Une belle occasion de rencontrer d'autres voyageurs et se nourrir de l'expérience de tous!

A ce titre, je suis heureuse de vous joindre le lien  vous permettant de visualiser l'album en ligne de cette Itinérance Asiatique, protégé par le mot de passe : voyage. Passez un bon moment!


Les semaines qui m'attendent risquent d'être moins sympas, entre recherche de travail, de logement, et interrogation sur l'avenir à moyen terme. J'ai ma première mission en intérim ce week-end, dans un hôpital psychiatrique comme souhaité. Peut-être le moyen de faire le point sur mes nouvelles motivations et envies vis-à-vis de mon travail. Car, aujourd'hui encore plus qu'hier, je souhaite faire de ma vie une vie de plaisir et de passion :)

jeudi 4 août 2011

Retour aux sources - Inde, Thailande, Laos, Cambodge, Birmanie

Il y a 9 mois, j'avais termine ma derniere nuit de travail, m'appretais a dire adieu a ms amis avant de prendre la route, enfin! Apres tous ces mois de preparation, cela m'avait semble etre la fin d'une etape alors que ca ne faisait que commencer.

Et que de moments vecus depuis, graves en souvenirs dans ma memoire, a la faveur d'un son ou d'une odeur. Le long periple en Inde d'abord, ma terre d'amour, qui m'a encore reserve bien des tresors ; puis la decouverte de l'Asie du sud-est, si differente et pourtant si proche. Plus ordonnee, mais tellement charmante aussi et si facile a parcourir. Le Laos, dont je conserve en memoire les moments de partage de Tad Lo ; le Cambodge, qui m'a apporte Cynthia et dont la rage de vivre des habitants m'a touche ; la Birmanie ensuite, decouverte d'un pays meurtri tout en authenticite et en sourire ; la Thailande enfin, seule ou a quatre, qui a tant a offrir du Nord au Sud, des ethnies minoritaires aux fetes apocalyptiques de la Fullmoon Party.

A quelques heures de reprendre l'avion vers l'ouest, j'evolue dans un etat second, un peu comme si ma vie etait devenue un film dont j'etais la premiere spectatrice. Je suis tres impatiente de vous revoir tous et ne sait vraiment pas ce que la vie est en train de me reserver par les mois a venir.

Ces 9 mois loin de vous, de ma terre natale, de mes reperes et de ma culture m'ont tellement appris.... Je me sens plus forte deja, j'ai confiance en moi et en mes choix ; je suis plus tolerante envers la difference, ayant note combien nos reperes culturels, ce que l'on juge bien ou mal, respectueux ou non, sont relatifs et en aucun cas valeurs supremes. Ce qui me choque ici n'est que le reflet de ce qui les choque chez moi ; je me sens remplie aussi, pleine des sourires, des pleurs et des peurs des humains que j'ai cotoye pour quelques minutes ou plusieurs semaines ; vivre avec ma maison sur le dos m'a permis de me detacher peu a peu de ce qui n'est pas l'essentiel pour moi et j'ai trouve cette legerete d'esprit tres agreable.

Malgre les mois qui passaient, vous avez tous continue a me temoigner votre amour ou votre amitie ; vous m'avez accompagne partout, suivant mes humeurs et mes envies, respectant mes emotions et mes doutes. J'ai pu voir comme ce soutien n'etait pas le quotidien de tous les voyageurs et je vous en suis d'autant plus reconnaissante. La tenue du blog m'a procure beaucoup de plaisir et souvent permis de faire le point sur mes aventures.

Je n'oublie pas non plus les nombreux voyageurs d'ici ou d'ailleurs, rencontres au cours de mon periple, qui m'ont apporte des instants uniques de partage, de discussions, ou de complicite. Tous m'ont apporte un petit plus qui aujourd'hui fait que je ne suis plus ni tout a fait la meme, ni tout a fait une autre.

Les tops et les flops du voyage

Mes meilleurs moments : 
1 - Auroville et toutes les experiences que cette ville unique m'a permis de vivre ;
2 - Mon immersion durant deux petits jours dans une famille Akha des montagnes ;
3 - La puissance des chants devotionnels et de la meditation en groupe durant mes quelques jours dans un ashram en Inde.

Mes plus beaux sites :
1 - Varanasi, une atmosphere envoutante, dans une ambiance unique de devotion... Puissant.
2 - Hampi, des montagnes de roches sur un paysage de rizieres, un village accueillant et de belles rencontres.
3 - La Paya Swedagon de Yangoon, de jour comme de nuit, animee par la foule des pelerins recueillis.


Mes pires instants : 
1 - Le sentiment d'impuissance accompagnant la douleur d'un proche, en difficulte si loin de chez lui ;
2 - 39h de train en Inde, cristallisant les difficultes liees a une culture si differente et dur a apprehender ;
3 - Ayutthaya, ou quand la fatigue m'a rattrappe et rappele ma fragilite

Le budget :

Je n'ai pas fini totalement mes comptes mais suis en mesure de dire que mes depenses ont ete inferieures a celles pervues initialement, malgre mes grosses depenses de ces trois dernieres semaines. A suivre pour plus de precision.

La sante :
J'ai eu la chance de n'avoir eu aucun probleme de sante si ce n'est une cystite a la fin de mon sejour en Inde. J'ai par contre eu la desagreable experience d'accompagner plusieurs personnes dans la maladie en Inde et en Thailande.
Meme les moustiques et autres insectes n'ont pas voulu de mon sang! Quand je me rememore l'etat de la peau de certains des voyageurs croises sur ma route, je mesure toute ma chance!




Ces quelques mots, ecrit a chaud dans l'etat particulier precedent le retour n'ont pas vocation a resumer mon voyage (d'ailleurs, il ne me semble pas que cela soit ni possible ni souhaitable) mais a vous donner un apercu de mon etat d'esprit.

Merci a tous de votre presence, a tres tres vite.

Un pays qui gagne a etre connu - Thailande

Si, par apriori, la Thailande ne m'attirait guere, trop touristique, trop developpee, elle n'a pas mis longtemps a me charmer! J'ai decouvert un peuple agreable (si l'on excepte Bangkok), une facilite a voyager bien appreciable, des villes animees, des campagnes seduisantes et des plages superbes. Du nord au sud, en passant par l'ouest, j'ai croise differents atmospheres, de la magalopole au village de montagne, de la foule touristique a la solitude parfois. 

L'agencement du coin touristique, et notammemnt de la fameuse rue de Khao San, m'a fait un choc quand je suis arrivee. J'y ai decouvert il y a peu un nouveau stand, parmis les etals de nourriture et de sacs a main, ceux du Valium!! De quoi s'offrir une belle sieste dans le bus bien sur... Les propositions malhonnetes ou indecentes sont legions, a soi de ne pas s'y resoudre. Mais il y a encore des endroits preserves en Thailande, notamment l'ouest et surtout l'est, que je n'ai pas eu le temps de visiter. 

J'ai essentiellement voyage en bus, le plus souvent de la compagnie gouvernementale, qui propose des vehicules tres confortables, avec repas inclus dans le tarif. Bien sur, pour les grandes destinations touristiques, telles que les plages et Chiang Mai, les prix d'appels dans le quartier touristique semblent tres avantageux, mais de nombreuses arnaques ont ete rapporte, j'ai donc prefere la securite (et la tranquilite!!) des bus gouvernementaux. 
J'ai emprunte le train une fois, en troisieme classe, moyen de transport moins confortable et beaucoup plus long. J'aurai voulu tester la classe couchette mais ces places sont tres demandees et necessitent parfois une reservation longtemps a l'avance.

La nourriture, bien que peu variee (la plupart des plats sont a base de nouilles et de riz, agremente de viande, de piments et de legumes), a su me seduire par son abondance de fruits, a deguster en jus ou en shake (avec de la glace). 

Je ne regrette pas d'avoir pris le temps de decouvrir ce pays, qui m'a meme offert l'un des meilleurs moments de mon voyage avec la rencontre avec les familles Akhas dans la province de Chiang Rai. Je le conseille aux personnes qui souhaitent allier decouverte, depaysement et facilite et confort.

Les tops et les flops du voyage 


Mes plus beaux moments : 

1 - Les deux jours en homestay dans un village Akha : rencontrer cette ethnie montagnarde, apprendre de leur histoire et de leurs coutumes, marcher dans les environs en decouvrant la faune et la flore grace aux enfants, se rassembler dans la cuisine pour cuisiner tous ensemble.... Fabuleux :)
2 - Le massage des pieds a la prison des femmes de Chiang Mai : tout dans cet acte m'a plu, autant le geste en lui-meme, dispense avec professionnalisme et procurant une vrai detente, que le concept qui permet a des femmes emprissonees de se former et de beneficier de ces acquis a leur sortie. 


Mes plus beaux sites :
1 - Kho Phangan : plage de sable fin, eaux turquoises, criques joliement decoupees, joies du snorkelling ou de la plongee, ambiance etrange de la FullMoon Party, soiree a admirer les joueurs de feu...
2 - Mae Salong : village paisible aux influences chinoises et birmanes, paysage en camaieu de vert avec les plantations de the a perte de vue, tranquilite d'un endroit oublie, presqu'hors du temps...
3 - Sanghlaburi : village a la frontiere birmane, au joli panorama donnant sur le lac, pont de teck menant a un village hmong assoupi, rencontres authentiques avec les locaux...


Mes pires instants :
1 -  Bangkok : quand la decouverte d'un pays et d'une ville commence par une immersion dans son systeme de sante....
2 - Ayutthaya : quand la fatigue et la chaleur m'ont terrasse, me laissant a bout de souffle et de moral dans cette ville ecrasee de soleil et de pollution...


Le budget : 

J'ai pu depense facilement seulement 10E/jour dans la premiere partie de mon voyage, alors que j'etais seule. Il est simple de manger pour 60 a 80cts d'euros un copieux plat de nouilles ou de riz, et de se loger pour entre 2.5 et 4E. Une nuit de bus revient a 8 a 15E en moyenne.
Finalement, pour moi, la Thailande s'est revelee meilleur marche que ses voisins Laos et Cambodge.

Sur ces trois dernieres semaines, avec ma soeur et un ami, j'ai depense une moyenne de 20.4E/jour car nous nous sommes rendus dans les lieux les plus touristiques (ile et Chiang Mai), que nous nous sommes offert une initiation a la plongee (80E) et avons fait un trek ecotouristique de deux jours (40E).

La sante : 

Encore une fois, rien a signaler. 
J'ai pu constater par contre la fiabilite du systeme de soins a Bangkok, notamment au Bangkok Adventis Hopital (Mission Hospital) ou les soins n'ont rien a envier a la France. Par contre, sans assurance, le prix est prohibitif.

lundi 1 août 2011

Homestay chez les Akhas - Village de la province de Chiang Rai, Thailande

J'arrive maintenant au terme de mon voyage en Asie, et je constate que mes meilleurs souvenirs resident dans les moments de partage avec les populations locales et les autres voyageurs. J'aime apprendre et comprendre d'autres cultures, j'aime mes yeux etonnes face de nouvelles coutumes, j'aime quand tant de choses passent dans un simple regard. 

Je voulais que Lucie puisse vivre des moments authentiques comme ceci, c'est pourquoi j'ai souhaite que nous partions en trek a la decouverte des ethnies montagnardes qui peuplent les provinces du Nord de la Thailande. Elles viennent essentiellement des pays limitrophes : Tibet, Chine, Birmanie, Laos, et s'installent depuis deux siecles, fuyant l'oppression. La plupart n'ont que le statut de refugies et vivent chichement de leurs cultures (depuis que le trafic d'opium est reprime par le gouvernement thai). Chaque ethnie possede sa propre langue et des us et coutumes specifiques. J'ai eu l'occasion de rencontrer les shans en Birmanie, reconnaissables a leurs foulards a carreaux dans les cheveux. 

J'ai choisi une agence de tourisme responsable, Natural Focus, dont une partie des benefices reviennent directement aux populations, qui sont encourages a poursuivre leurs activites et leurs traditions. 
En effet, depuis le debut de mon sejour en Asie du sud-est, je constate le commerce qui est fait au detriment de ce qu'on appelle vulgairement les femme-girafes, ces femmes qui empilent des anneaux autour de leurs cous, dont le poids affaisse les clavicules, renforcant l'impression de longs cous. Ces femmes et ces enfants sont aujourd'hui completement exploites par l'industrie du tourisme, chaque photo ou visite etant vendu a prix d'or. Aussi, la plupart des agences proposent des treks dans les villages ou sont parques ses femmes. Je precise que ces gens ont le statut de refugies car ils sont illegalement emmenes de la Birmanie, ou ils vivent, appartenant a l'ethnie des Karens, au territoire thai. Je prends cet exemple, car c'est peut etre le plus flagrant, mais de nombreux villages aussi perdent peu a peu leur autonomie car ils rejettent l'agriculture au profit des revenus plus "simples" apportes par le tourisme. C'est ainsi que progressivement, les minorites culturelles s'evanouissent au fil du monde...

J'aurai aime partir trois jours et deux nuits afin de davantage profiter de ces instants uniques, mais un groupe etait deja constitue pour deux jours, nous avons donc du nous joindre a eux. Ce trek porte assez mal son nom car il est davantage acces sur la vie dans les familles que sur la marche elle-meme, ce qui nous convenait tout a fait.

Nous sommes arrivees a Chiang Rai, point de depart du trek, la veille afin de visiter le musee dedie aux ethnies montagnardes. Nous avons appris a propos de leurs cultures, leurs costumes, et des enjeux pour les prochaines annees. 

Le lendemain, nous sommes enfin parties avec 5 autres personnes et notre guide, dans un village Akha de la province de Chiang Rai. Nous sommes accueillis par une delicieuse famille, dans une maison sur pilotis en bambou, a l'entree du village. Une dizaine d'enfants jouent et s'amusent sur la terrasse dominant la superbe vallee, au depart assez timide vis-a-vis de nous, avant de se detendre peu a peu. Nous mangeons un assortiment de plats typiques de cette region montagneuse, a base de legumes cultives dans le village, et de porc ou de poulet. Les plats sont poses au milieu de la table et chacun met dans son bol de riz ce qui lui plait. C'est egalement une region reputee pour son the, que nous aurons le plaisir de gouter tout au long de ces deux jours. 
Dans l'apres-midi, nous partons, des grappes d'enfants rieurs a chaque main, dans le village puis dans la campagne alentours. C'est une balade tres agreable, qui nous plonge dans la vie quotidienne des habitants. Les enfants sont adorables et prennent un plaisir immence a nous montrer les enormes araignees tissant leurs toiles dans les feuillages! Un autre passe-temps pour eux consiste a trimballer un gros insecte au bout d'une corde, apres lui avoir arrache les pinces....
Le soir, nous nous retrouvons tous a la cuisine pour preparer le repas du soir. Notre guide traduit les propos en thai de la fille de la famille, qui elle-meme traduit les paroles en dialecte local de ses parents! Nous apprenons ainsi que la famille est venue de Birmanie il y a 35 ans, fuyant la dictature et ses horreurs. La femme etait alors enceinte et a porte son premier enfant de trois ans durant les trois nuits qu'a dure leur fuite. Ce couple est tres emouvant et leurs sourires communicatifs. Nous sentons combien ils sont heureux de recevoir des etrangers qui s'interessent a leur culture chez eux. Nous dormons dans la piece commune, bercees par la pluie qui se fracasse sur le toit en taule. 

Le soleil est revenu le lendemain matin. Nous en profitons pour nous balader dans le village, ou l'excitation est a son comble car l'epicerie ambulante est la! Comme nous sommes dimanche, les femmes ont revetus leur costume traditionnel magnifiquement ouvrage, qu'elles mettent pres d'un an a confectionner. 
Nous partons ensuite dans la jungle jusqu'a une cascade. Le chemin est tres perilleux, car pentu et rendu extrement glissant par les pluies de la veille. Nous arrivons apres bien des peripeties a la riviere et nous appretons a faire un feu pour cuisiner dans du bambou quand une averse nous surprend. Notre guide prie alors et souffle sur les nuages pour les dissiper (bien que convertis au christianisme par les missionnaires, les Akhas ont conserve leurs croyances animistes) mais rien n'y fait, il nous faut rebrousser chemin si l'on ne veut pas rester coincer par la boue. Le retour est encore plus difficile et nous glissons tous a tour de role sur le flanc de la montagne. Nous n'en menons pas large... Oh joie de retrouver le village finalement! 

Les quelques heures precedant notre depart sont consacrees a l'apprentissage de l'artisanat local, par la confection de bracelet en perles notamment. Nous montrons quelques photos de notre famille pour partager avec eux un peu de nous egalement. 

Je suis tres touchee de partir deja, gardant en memoire ces instants magiques de partage et de decouverte, emue par la joie de ces gens a nous accueillir dans leur intimite. Lucie est heureuse d'avoir vecu une telle experience et retient particulierement les moments de complicite partages avec les enfants.

Nous nous rendons ensuite dans le petit village de Mae Salong, pour y passer nos derniers jours avant notre retour definitif a Bangkok mercredi.

Une reputation au dela des montagnes - Pai, province de Mae Hong Son, Thailande

Apres Chiang Mai, nous avons continuer a monter vers le nord, a Pai. Il y a longtemps de cela, Pai n'etait qu'un petit village perdu dans les montagnes de la province reculee de Mae Hong Son. Aujourd'hui, c'est un noyau touristique au coeur d'un ecrin de rizieres. 

Si le village n'a qu'un interet limite du fait qu'il soit uniquement et entierement tourne vers le tourisme, les alentours sont beaux et propices a de belles balades a moto ou a velo (si vous avez des mollets de champion!!). 

Nous nous sommes d'abord rendues a un camp d'elephants afin que Lucie puisse vivre cette aventure hors du commun. J'ai essaye de trouver un centre ou les conditions de vie pour les pachydermes soient correctes, ne cautionnant pas ces lieux ou on dresse les elephants en vue de leurs faire realiser des "exploits"  tels qu'un match de foot ou une peinture. 
Nous avons choisi une balade de deux heures dans la montagne puis jusqu'a une riviere afin de pouvoir se baigner avec eux. J'avais vecu cette experience au Nepal, dans un autre contexte, et en gardait un souvenir tendre. 
Malheureusement, le chemin montagneux etait tres accidente et notre ami l'elephant decide a arrache des tiges de bambou tout au long du chemin! Du coup, des les 10 premieres minutes nous avons manque de tomber et notre confiance a ete bien ebranlee... nous finirons donc a pied! Lucie a tout de meme pu profiter de ce moment unique dans la riviere, se faisant doucher et bousculer par l'animal visiblement a son aise. 

Le lendemain, j'ai souhaite louer des velos afin de nous rendre dans un village a majorite chinoise puis a une cascade. Je ne savais pas que la route monterait autant et Lucie abandonne vite la bataille. Je poursuis le velo a la main, pendant a la delicieuse descente qui m'attendra au retour! Le village est typique d'un village du Yunnan, province du sud de la Chine : toits bas et evases, maisons accrochees a flanc de montagne, gros lampions rouges pendus aux fenetres et arches massives a l'entree. La couleur dominante est bien sur le rouge et or. Je regrette l'absence totale de contact, meme non verbal, avec les habitants, repensant avec plaisir aux sourires qui m'accueillaient partout en Birmanie :)

Je rebrousse chemin, profitant de la descente bien qu'etant arcboutee sur les freins tant la pente est rude! 

Nous passons l'apres-midi au bord de la piscine ecologique d'une ferme-guest house avant de nous offrir un massage thai. Ce massage typique est realise sur les vetements, sans huile, par simples pressions et etirements d'endroits strategiques du corps. Nous en sommes ressorties completement detendue, presque sans forces, comme apres une grosse seance de sport! Un vrai bienfait... pour 4E... :)

mercredi 27 juillet 2011

Escale culture et bien-etre - Chiang Mai, Thailande

Nous avons quitte notre belle Ile en mer pour faire une escale d'une nuit a Bangkok afin de ne pas enchainer deux nuits dans le bus avant d'atteindre Chiang Mai, dans le nord du pays. 

Nous avons regoute aux plaisirs culinaires bon marche de la capitale, apres nous etre quelque peu prives face aux prix parfois ornereux de Koh Phangan : jus de fruits, riz a la noix de coco et a la mangue, gaufres aux cacahuetes....  Miam! On en a egalement profite pour se faire de jolies coiffures, le genre de luxe que l'on ne peut s'offrir en France et qui reste tres abordable ici (pour les connaisseurs : mes rastas m'ont coute ici 28E). 

On a donc repris un bus le samedi soir direction la capitale culturelle. Difficile de trouver le sommeil, il faut dire que les dernieres nouvelles familiales ne sont guere enthousiasmantes... 

Nous arrivons de bon matin a Chiang Mai, sous un ciel plombe et une chaleur lourde. On trouve une petite guest house tenue par une famille sympathique : Lamchang Guest House. L'accueil chaleureux contraste agreablement avec Bangkok, nous apprecions! Notre chambre pour trois est mignonette et bon marche. En plus, Sylvain, marie avec la fille de la proprietaire, nous prodigue de bons conseils. 

Nous visitons quelques temples dans la vieille ville avant de nous reposer un moment. Je suis toujours aussi etonnee par le manque de respect temoigne par les touristes (occidentaux et asiatiques) envers les lieux de cultes, ou certains se presentent en mini-short sans sembler prendre conscience du probleme... Les temples sont bien renoves, mais toujours aussi kitch, comme l'affectionne la Thailande! Nous decouvrons une ville agreable, a taille humaine et joliement amenagee avec ses rues pavees et ses magasins ethniques.

Nous sommes dimanche et ca tombe bien car en soiree, se deploit un immense marche d'artisanat dans plusieurs rues du centre-ville. On y trouve de tout et a des prix tres raisonnables car Chiang Mai est le centre artisanal de la Thailande, tout est donc fabrique sur place. J'apprecie particulierement l'atmosphere detendue et nonchalante, et le sourire que tout le monde arbore, sans pousser a l'achat. Un moment bien agreable. 

Le lendemain, tandis que Baptiste se rend a un camp d'elephant, je pars avec ma soeur a la decouverte du marche et du marche aux fleurs. Nous ne pouvons resister a faire un peu de shopping dans les superbes magasins qui bordent les rues! Le marche aux fleurs, bien que plutot petits, est agreable et les odeurs suaves contrastent franchement avec celles plus agressives de la viande et du poisson!

Le dernier jour, nous sommes allees avec Lucie a la prison des femmes de Chiang Mai pour nous faire dispenser un divin massage des pieds pendant plus d'une heure. Cette initiative est heureuse et gagnante sur les deux tableaux : ces femmes, qui ne sont pas de grandes criminelles, se sont formees durant leur incarceration et recevront le fruit de leur travail a leur sortie afin de commencer, je l'espere, une nouvelle vie. Le massage en lui-meme, premier en son genre pour nous, m'a rendu mes pieds a leur taille normale, ce que je n'avais pas beneficie depuis le mois d'avril! Une sensation de legerete bienvenue! Une belle aventure donc...

L'apres-midi, on a pris un touktouk collectif pour nous rendre dans un village d'artisanat a 10km de la ville, nomme Bo Sang. Ce moyen de transport pratique remplace les bus de ville et est assez pittoresque. En fait d'artisanat, il s'agit surtout d'une unique rue bordee d'echoppes en tout genre. Cependant, nous avons pu apercevoir une fabrique d'ombrelles employant des personnes agees, ou l'accueil fut timide mais sympa. 

Baptiste nous quitte deja le soir meme, n'ayant obtenu que 15 jours de conges bien merites. Il semble ravi de son sejour, c'est l'essentiel :)

Je reste seule avec Lucie ; nous sommes parties plus au nord pour Pai avant de faire un trek a la rencontre des ethnies montagnardes a Chiang Rai ce week-end.

vendredi 22 juillet 2011

Paradis... En danger? - Koh Phangan, Thailande

En preambule, je viens de poster les derniers articles concernant mon mois en Birmanie. Les photos suivront j'espere dans les heures a venir. 

Ma soeur et mon ami m'ont rejoint jeudi dernier pours respectivement trois et deux semaines de vacances. Malgre ce temps limite, j'essaie de leur donner un apercu des differentes facettes de la Thailande. 

Nous sommes donc restes deux jours a Bangkok a leur arrivee, afin de s'acclimater en douceur au climat chaud et surtout tres humide de cette saison. J'avais oublie combien la moiteur ambiante pouvait choquer et faire suffoquer! 
Nous sommes alles au Palais Royal le lendemain, ou Baptiste s'est fait vole son argent et son passeport.... Quelle misere, d'autant qu'il a deja peu de jours devant lui! Nous avons decide de ne pas nous gacher davantage les vacances, et de poursuivre notre journee normalement apres avoir depose une plainte a la police. Il accomplira les demarches adequates aupres de l'ambassade quelques jours avant son depart definitif. Le soir, je les ai accompagne a la tour Bayokee II afin de leur donner a voir la vision vertigineuse sur Bangkok by night.

Le lendemain, demabulations et achats au Chatutchak Market, avant de prendre un bus de nuit direction une ile paradisiaque! J'ai nomme Koh Phangan! J'avais choisi strategiquement cette ile de la cote est car, me fiant au calendrier lunaire, j'ai cru que la celebre fete de la pleine lune s'y deroulerait le 15 et donc que nous serions au calme le 17, les teufeurs repartis. Mais surprise, jour special en faveur du Bouddha oblige, les festivites ont ete reporte au 17 juillet, soit pile le soir de notre arrivee, correspondant egalement aux 30ans de Baptiste. J'ai craint que nous ayons des difficultes a nous loger mais finalement, choisissant une plage relativement isolee a l'est, Thong Nai Pan, nous degotons un mignon bungalow pour 400B pour 3 soit 10E la nuit. La plage tient ses promesses : eaux turquoises, sable dore et fin, palmiers cocotiers.... 

Nous nous rendons a cette fameurse fete sur la plage, reunissant de 10 000 a 30 000 personnes selon la saison, s'ebattant aux sons de la musique a fond jusqu'au bout de la nuit. Il est loin le temps ou tout cela n'etait qu'un moyen de rassemblement presque sauvage! Aujourd'hui, c'est une veritable industrie et pas de place a l'improvisation! Il faut dire que faire cohabiter cette masse de jeunes gens fortement alcoolises et drogues avec l'ocean n'est pas sans dangers. La premiere impression d'etonnement passe face a cette maree humaine phosphorescente (peinture fluo sur tout le corps) tenant a la main un seau en plastique rempli d'alcool et de pailles multicolores, si l'on ne partage pas le trip, autant passer son chemin! En conclusion, ravie d'avoir "vu" cette celebrissime FullMoon Party, mais ravie d'en partir aussi pour retrouver le calme et la beaute de ma plage semi-deserte! 

Les trois jours suivants se sont decoupes entre farniente a l'ombre des palmiers, plongee en masque et tubas pour admirer les coraux (malheureusement tous tues a force de visites multiples des touristes comme nous) et les poissons, plongee avec oxygene pour les deux autres qui sont  tres contents de leur experience. J'ai decouvert pour ma part un reel autre monde sous la surface de l'eau, qui m'a quelque peu effraye (l'eau n'est decidement pas mon element...) mais que je ne soupconnais pas. C'est en effet la premiere fois que je vivais cette experience et decouvrir ce monde parallele m'a vraiment marque. J'ai croise de nombreux poissons, nullement etonnes de ma presence, et evoluer parmi les masses de coraux a seulement quelques centimetres de la surface m'a impressionne! Mais je ne sais pas si ce monde maritime et secret va survivre bien longtemps compte tenu de sa faible protection contre sa lourde exposition.

Nous sommes rentres ce matin, restons deux jours sur Bangkok avant de rejoindre le Nord du pays dimanche.